Le Bas -Belleville, la belle inconnue
     

Le Bas -Belleville, la belle inconnue

Belleville est réputé pour être de longue date, une terre d’accueil pour toutes les cultures. Ce quartier situé dans l’Est parisien est à la fois un lieu de mémoire de l’immigration et un territoire qui accueille encore aujourd’hui de nombreux étrangers et leurs familles. C’est un lieu emblématique des quartiers pluriethniques à la française.
Pendant mon adolescence, j’ai passé beaucoup de temps à Belleville ; ma grand-mère habitait rue Rébeval. Elle était très chic ma grand-mère, elle s’inspirait des belles vitrines des grands magasins et reproduisait les vêtements Chanel chez son tailleur à Belleville. Elle était très belle. Alors souvent quand la tristesse me submerge, je prends mon Leica et je vais me balader dans le Bas-Belleville d’aujourd’hui où rien n’a vraiment changé. Dans le Bas-Belleville, tout le monde se parle ; c’est le quartier de la solidarité et de la débrouille, on y trouve de tout : une boulangerie qui fait crédit, un pharmacien qui donne des médicaments aux plus pauvres quand ils ne peuvent pas se soigner, un restaurant tunisien chez qui on vient manger une bonne daurade grillée comme là-bas, avec des prix qui varient selon l’humeur du serveur. A la sortie du métro, on trouve les vendeurs de maïs et toute une foule de gens qui attend on ne sait trop quoi. Il y a même une librairie et un magasin bio, où viennent les « bobos » du haut Belleville. Je croise souvent des gamins, les Gavroche d’aujourd’hui, qui dévalent les escaliers ou les rambardes servant de toboggans, en y usant comme avant leurs fonds de culotte.
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